mercredi 15 avril 2009

Le "Grand Monde d'Andy Warhol" au Grand Palais - Paris

L’exposition propose une vision renouvelée de l’oeuvre multiple d’Andy Warhol. Point de mur rempli de boîtes de soupe ou de bouteilles de soda, l'accent est en effet mis sur son approche du portrait de commande.

Plus d'une centaine d'oeuvres sont réunies ici, une grande partie ayant été prêtée par le Andy Warhol Museum de Pittsburgh, sa ville de naissance. Le visiteur fera connaissance avec Warhol en suivant un chemin thématique : Icônes modernes, Art et commerce, L'oeil et la machine, Mao et la question du genre, Les écrans du rêve, Portraits en pieds, Le monde de l'art, Le monde du glamour... On peut se laisser saisir par les étiquettes et déambuler dans cette immensité en ne voyant que le PopArt.. Ou bien se laisser envahir par le processus créatif d'un homme en prise aux difficultés de représenter les corps dans leur entier au point de le morceler (Basquiat, 1984)

A partir de 1967, ses portraits de Liz Taylor, d’Elvis Presley ou de Marilyn Monroe devenus des icônes, Warhol répond à la commande de clients privés en utilisant la technique qui a fait sa gloire. Prenant dans un premier temps son sujet en photo grâce à un Polaroïd, il en tire une sérigraphie, superpose une feuille d'acétate sur laquelle il "corrigera" les imperfections du personnage et pose des papiers colorés découpés pour simuler les futurs coloris qui sont aussi sa marque de "fabrique". Ce sont sans aucun doute ces "pièces intermédiaires" qui m'ont paru les plus troublantes (Mick Jagger, 1975, collection particulière et Rolling Stone, idem). On approche la démarche de l'artiste et la charge émotionnelle semble plus intense que pour les "produits" finis.

Pour les amateurs de matériaux variés dans une oeuvre, vous ne manquerez pas de vous attardez devant les toiles avec poussière de diamant (Francesco Clemente, 1981...) ou celles avec peinture au cuivre et jet d'urine (Basquiat, 1984 ou encore Philipp's skrull, 1985).

L'exposition est vaste, elle mérite tout le temps que l'on peut y passer. Après le faste du monde de l'argent et du pouvoir, les dernières salles nous offrent l'humanité dans sa plus simple expression. On y découvre des portraits de famille (rare toile à introduire plusieurs modèles dans le même espace); le portrait posthume de sa mère Julia Warhola (réalisé en 1974). Le thème de la mort est illustré sous diverses formes et la peur de Dieu mise en évidence par le mur aux 112 Christ.

En conclusion si vous avez un budget serré en expo et que vous aviez envie de venir rencontrer Warhol, n'hésitez pas. Si je préfère toujours faire les expositions libre de mes émotions, je reviendrai sans doute pour la redécouvrir avec un audioguide. Elle est gratuite pour les titulaires de la carte de la Maison des Artistes.. alors au plaisir..


Exposition organisée par la RMN (Réunion des Musées Nationaux) sous le commissariat d’Alain Cueff assisté d’Emilia Philippot.
Jusqu'au 13 juillet 2009

Tarif réduit tous les lundis de 18h à 22h sur présentation du ticket d'exposition David LaChapelle

Pour compléter:
• Exposition "Warhol TV" à la Maison Rouge, Paris, jusqu’au 3 mai 2009
• "Andy Warhol Le Portrait Avide" à la Cinémathèque française, Paris, jusqu’au 15 mai 2009

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