lundi 7 décembre 2009

Ma 18ème Nuit des Musiciens avec Rhoda Scott

C'est lundi, il fait gris, froid presque un temps de neige... sans la neige! J'ai décidé, pour vous réchauffer, de vous parler de ma nuit des musiciens, ou plutôt de ma nuit des musiciennes, devrais-je dire, orchestrée par Rhoda Scott!!

Les 3, 4 et 5 décembre derniers, Le Trianon s'est transformé en carrefour musical. Quelques jours avant, je reçois un mail de mon ami et mentor musical Alex Dutilh : "samedi semble rayonnant puisque j'ai prévu d'aller au Trianon pour l'hommage à Rhoda Scott, si tu es libre, c'est vendu!" Et comment que je suis libre!! Vendu!!

Le public s'installe, la lumière s'adoucit, les précautions d'usages téléphoniques retentissent, Rhoda Scott arrive, ses musiciennes avec. Le concert commence cut! Un quartet d'abord. Sophie Alour (saxophone), Lisa Cat-Berro (saxophone), Julie Saury (batterie) et Rhoda Scott (orgue)... La féminité incarnée. Des robes, des paillettes, des talons, des pieds nus, de la sensualité, de la simplicité, de l'aisance et du swing!!

Rhoda Scott joue pieds nus, "c'est sa marque de fabrique" me glisse Alex Dutilh. Et je tombe en amour devant cette femme qui gigote ses pieds et sa tête comme je peux le faire quand, à mon bureau, je mets de ces mélodies jazzistiques dans mes oreilles (sauf que je n'ai pas son talent au pédalier ;) !!

Toute la première partie de soirée sera exclusivement féminine avec de vraies belles surprises!!

D'abord, loin d'être une Jam Session comme on aurait pu s'y attendre, Rhoda Scott offre un spectacle très bien réglé, la plupart du temps les instrumentistes jouent sans partition, échangeant regards et gestes bien sentis!

Anne Paceo rejoindra Julie Saury pour quelques morceaux. Oui deux batteries!! J'avoue que lorsque je les ai vues sur scène, j'ai eu comme un doute.. bien vite levé. Elles nous ont offert deux lignes de musique : rythmique et mélodique. Bluffée!!

Sarah Morrow sera de la partie. Oui celle-là même qui a joué avec Ray Charles. Je n'en dis pas plus.. Si une chose tout de même, elle est une des très rares trombonistes au monde, instrument terriblement difficile à jouer qu'elle manie avec une facilité déconcertante. A ses côtés, Géraldine Laurent et Airelle Besson feront entendre leur souffle cuivré.

Des voix rythmeront la soirée aussi. D'abord celle d'une découverte, Marianne Aya Omac au timbre vibrant, chaleureux et surprenant lorsqu'elle chante comme une trompette. Ensuite la belle, sémillante et chaleureuse Lavelle. Toute de rose vêtue, elle chante avec tout ce qu'elle est : une noire américaine, native de Chicago, tombée dans la marmite quand elle était petite... maman, chanteuse et danseuse du Cotton Club et papa, guitariste dans le trio de Nat King Cole. Ce n'est pas tout dire car elle a travaillé sa voix, son solfège et son piano... son Art!

Une invitée hors norme investira la scène, Sophie-Véronique Choplin. Organiste titulaire du Grand-Orgue de Saint Jean-Baptiste de la Salle et de Saint Sulpice, cette femme est passée maître-sse dans l'art de l'improvisation. Rhoda Scott nous a offert ce sublime moment en lui laissant son instrument.

Comme la maîtresse de cérémonie a des compagnons de route aussi masculins, la seconde partie verra l'entrée en scène progressive de ces messieurs. Dans la famille des cuivres, je voudrais Rick Margitza, élevé au grain Charlie Parker. Dans la famille des vibraphones, je voudrais Dany Doriz, fils spirituel de Lionel Hampton assurant la direction artistique du Caveau de la Huchette. Zazou!! Les batteries seront occupées par Lucien Dobat et Daniel Humair. Rhoda Scott s'offrira deux noms somptueux et farfelus de l'orgue contemporain : Benoît Sourisse et Emmanuel Bex (arrivé sur scène avec une chemise noire et des papillons dorés sur l'épaule). David Linx jouera de ses cordes vocales et nous offrira de ces scats dont il a le secret.

Et pour finir avec la gente masculine, un pianiste, Yaron Herman. Un instant magique où le musicien semble ne faire plus qu'un avec son instrument. L'homme s'installe devant son clavier dans lequel il semble plonger avec délice et malice. Un vrai moment de bonheur!

Tout ce beau monde offrira au public un final digne du meilleur bouquet de feu d'artifice. 19 musiciens et chanteurs sur scène, pas un couac, chacun a sa place. Magique! Du spectacle vivant comme on en veut plus et partout!


Et comme je ne pouvais pas finir ce billet sans vous faire partager ce que j'écoute en écrivant :
(Si vous n'avez pas Spotify, vous pouvez ouvrir gratuitement un compte ici)

Rhoda Scott – Next Time You See Me

Sinon sur Deezer vous pouvez aussi écouter You are the Sunshine of my Life


Si quelqu'un connait le crédit photo, qu'il me le fasse savoir, merci

2 commentaires:

Alex Dutilh a dit…

Bien vu Cath. J'ai été en plus impressionné par sa "direction", la manière dont elle a tenu la soirée d'un bout l'autre sans un instant de flottement. En plus, tous les morceaux avaient été manifestement - et efficacement - répétés. D'où un sentiment d'exigence musicale aux antipodes de la jam foutraque qui peut peut être au rendez-vous quand on réunit 19 musiciens sur scène. Mon grand moment ? Le duo "expérimental" de Rhoda Scott et Daniel Humair : il l'a invitée sur son terrain à lui et elle a répondu du tac au tac en matière d'exploration sonore. Confirmation que le premier instrument d'un musicien, c'est ses oreilles… Et en bonus : quel sens du spectacle chez elle. Le handicap d'être assise derrière son "meuble", se transforme en atout pour une gestuelle très musicale des bras et du haut du corps. Grande classe.
Alex Dutilh

Catherine Ertzscheid a dit…

Bonjour Alex!!!!

Génial de te voir ici aussi!! ;)

En effet, ce moment entre Rhoda Scott et Daniel Humair était assez génial, je l'avoue. Entièrement d'accord aussi avec toi sur le principe de l'oreille comme premier instrument..

Il y avait tellement de choses à dire sur cette soirée que le billet (déjà long) aurait pu l'être encore plus!! Vive les commentaires pour continuer l'exploration de ces moments!!

Merci encore à toi de me faire partager ces moments!!